Depuis une vingtaine d’années,
Henri recherche son père.
Seit etwa zwanzig Jahren
ist Henri auf der Suche nach seinem Vater.
En mai 1944, des bombardements intensifs ont lieu dans le Nord de la France faisant de nombreuses victimes parmi les unités allemandes comme parmi les civils français.
C’est le cas de la mère de Henri qui devient orphelin de mère et de père puisque …celui-ci, allemand, aurait été tué le même jour.
L’histoire s’arrête là…ou commence là !
Pourtant chez les grands-parents maternels, il y a des photos, une pipe, peut être un nom, mais le petit garçon, né en 1943, a grandi dans l’insouciance de ses origines, le secret a été gardé et les preuves effacées…
Im Mai 1944 finden in Nordfrankreich intensive Bombenangriffe statt. Sie fordern zahlreiche Opfer sowohl unter den deutschen Einheiten als auch unter der französischen Zivilbevölkerung. Dies galt auch für Henris Mutter. Er wird somit zur Vollwaise, da … der deutsche Vater ebenfalls am selben Tag getötet worden sein soll.
Die Geschichte endet hier…oder beginnt hier!
Bei den Großeltern mütterlicherseits gibt es noch Fotos, eine Pfeife und vielleicht einen Namen. Aber der 1943 geborene kleine Junge wuchs in Unkenntnis seiner Herkunft auf, das Geheimnis wurde gehütet und die Beweise vernichtet…
Autant chercher
« une aiguille dans une meule de foin »
Cependant, en 2003, une émission de TV sur « Les enfants de boches », puis en 2004 le livre de Jean-Paul Picaper, « Les enfants maudits » montrent la souffrance longtemps inexprimée de ces enfants devenus adultes en recherche de leurs origines paternelles. La quête est ardue, mais l’espoir de trouver, malgré de faibles indices, est là.
Alors c’est décidé, on se lance dans une véritable enquête qui va être longue sans assurance d’une réussite.
Elle va réellement commencer en 2006 après la création de Cœurs-sans-Frontières (CSF : association franco-allemande des enfants de la Seconde Guerre mondiale). Et, son président d’alors, sera notre premier et meilleur soutien.
Il nous encourage à retrouver des témoins encore vivants de cette époque.
Genauso könnte man eine
„Nadel im Heuhaufen suchen“.
2003 berichtet jedoch eine Fernsehsendung über „Les enfants de boche / Die Kinder der Deutschen“. 2004 beschreibt Jean-Paul Picaper in seinem Buch „Les enfants maudits / Die Kinder der Schande“ das lange unausgesprochene Leiden dieser inzwischen erwachsenen Kinder, die auf der Suche nach ihren väterlichen Wurzeln sind. Die Suche ist mühsam, aber die Hoffnung, trotz schwacher Hinweise fündig zu werden, ist groß.
Es ist also beschlossene Sache, dass wir uns auf eine wirkliche Recherche einlassen, die lange dauern wird, ohne einen sicheren Erfolg.
2006 beginnt sie, nach der Gründung des Vereins „Coeurs sans Frontières / Herzen ohne Grenzen“ (CSF/HOG, ein deutsch-französischer Kriegskinderverein für Kriegskinder aus dem Zweiten Weltkrieg). Der damalige Präsident wird unsere erste und beste Unterstützung.
Er ermutigt uns, noch lebende Zeitzeugen aus dieser Zeit zu suchen.
Les réponses sont toujours les mêmes : « C’est ancien, Il n’y a plus personne ». Pas ou peu d’archives ??? à la mairie de Bapaume ou de Grévillers et surtout rien en ce qui concerne les Allemands installés dans le secteur depuis 1941.
Donc, pas de résultats concrets et toujours le sentiment d’avoir les infos à portée de mains, mais d’arriver trop tard. Nous ressentons une grande émotion quand on nous montre l’endroit précis où la maman a été tuée d’un éclat d’obus.
Parallèlement, nous prenons contact avec les archives militaires de Berlin, la WASt. Mais sans nom, sans photo, l’archiviste nous déboute tout de suite. Cependant sa collègue plus coopérative veut bien tenter une recherche avec seulement le lieu et la date supposée du décès… Et, elle donne 2 noms sur lesquels vont reposer nos espoirs.
Aidés par CSF, nous envoyons des courriers en Allemagne. Nous retrouvons une dame qui a perdu son père à Grévillers en mai 1944, serait-ce le père de Henri ? Elle veut bien faire un test ADN avec nous dans un laboratoire allemand. Elle est déjà enthousiasmée à l’idée d’avoir un demi-frère français.
Malheureusement, ce test se révélera négatif.
Cliquer sur l’image ci-dessus
pour retrouver l’annonce
originale de la recherche en 2015.
Um die Anzeige zu finden
Original der Recherche im Jahr 2015,
klicken Sie auf das Bild unten.
Die Antworten sind immer dieselben: „Das ist alles schon lange her, es gibt niemanden mehr“. Es gibt keine oder nur wenige Archive im Rathaus von Bapaume oder Grévillers und vor allem nichts über die Deutschen, die seit1941 in der Gegend stationiert waren.
Es gibt also keine konkreten Ergebnisse und wir haben immer das Gefühl, die Informationen in greifbarer Nähe zu haben, aber stets zu spät zu kommen. Wir sind sehr bewegt, als man uns die genaue Stelle zeigt, an der Henris Mutter durch einen Granatsplitter getötet wurde.
Parallel dazu nehmen wir Kontakt mit dem Berliner Militärarchiv, der WASt, auf. Jedoch ohne Namen und Foto weist uns der Archivar sofort ab. Aber es gibt eine kooperative Kollegin, die bereit ist, eine Suche nur mit dem Ort und dem vermuteten Todesdatum zu unternehmen. Und sie nennt zwei Namen, auf die sich unsere Hoffnung stützt.
Mit Hilfe von CSF/HOG schicken wir Briefe nach Deutschland. Wir finden eine Frau, die ihren Vater im Mai 1944 in Grévillers verloren hat. Könnte das Henris Vater sein? Sie ist bereit, einen DNA-Test in einem deutschen Labor zu machen und ist begeistert von der Idee, einen französischen Halbbruder zu haben.
Leider erweist sich dieser Test als negativ.
Alors, nous écrivons aux archives de Fribourg, nous passons une annonce dans un forum. Nous visitons le cimetière de Bourdon dans la Somme et contactons le Volksbund, toujours à la recherche de noms de soldats tués à Grévillers…
Nous réinterrogeons la WASt. Cette fois, nous obtenons 6 noms de soldats allemands tués en 1944 à Grévillers, mais nous n’allons pas écrire à toutes les familles porteuses du même patronyme ! Et un doute s’installe : ce père est-il bien mort le 24 mai ? Nous avons appris que, après le bombardement, l’unité allemande avait rapidement quitté les lieux, après avoir détruit beaucoup de documents et en emportant ses blessés.
Also schreiben wir an das Archiv in Freiburg i/B. und geben eine Anzeige in einem Forum auf. Wir besuchen den Friedhof von Bourdon in der Somme und kontaktieren den Volksbund, der immer noch auf der Suche nach Namen von in Grévillers getöteten Soldaten ist.
Wir befragen erneut die WASt. Diesmal erhalten wir 6 Namen von deutschen Soldaten, die 1944 in Grévillers getötet wurden. Aber wir werden nicht alle Familien mit demselben Nachnamen anschreiben! Und ein Zweifel kommt auf: Ist dieser Vater wirklich am 24. Mai gestorben? Wir haben erfahren, dass die deutsche Einheit nach der Bombardierung den Ort schnell verlassen hat, nachdem sie viele Dokumente zerstört und ihre Verwundeten mitgenommen hatte.
En 2018, notre recherche prend un nouveau tournant. Nous découvrons le test ADN de MyHeritage.
Celui-ci est connu pour être souvent effectué dans un but ludique pour simplement connaître ses origines ethniques. Mais pourquoi ne pas le tenter.
Et début 2019, c’est la surprise : nous avons une correspondance ADN (match) intéressante à 8,8 % avec une jeune danoise que nous contactons. Elle est enthousiaste car elle recherche des membres inconnus de sa famille, en particulier du côté paternel. Hélas, elle n’a pas d’arbre généalogique et elle n’a plus de relation avec son père. Nous sommes à nouveau dans une impasse, alors que MyHéritage la désigne comme étant notre petite-nièce.
Puis, nous avons d’autres matchs, plus faibles. Nous contactons tous ceux qui avoisinent les 2%. Pas de réponse. Après plusieurs relances, un Allemand avec seulement 1,5% s’intéresse à notre recherche. Puis c’est toute sa famille qui épluche les archives familiales et fait l’arbre généalogique.
Un de ces membre fait à son tour le test ADN qui donne 4% confirmant la relation de cousine au 3e degré. Il faudrait remonter jusqu’aux arrières grands-parents pour trouver l’ancêtre commun. La famille aujourd’hui basée à Berlin, est originaire de Schmiedeberg en Silésie (Kowary en Pologne depuis la fin de la 2nde guerre mondiale) où doivent se trouver les archives familiales, si celles-ci n’ont pas été détruites en 1945.
Fin 2021, je lis le compte rendu de la rencontre des adhérents de CSF à Lyon, consacré justement aux recherches ADN ! Comment utiliser les résultats, même faibles, pour construire son arbre généalogique et identifier ses ancêtres au travers de groupes familiaux ?
En 2022, je m’inscris à l’association canadienne « Carrefour ADN » qui propose une démarche sérieuse avec une formation théorique et pratique. Ce travail est fastidieux, encore plus pour des recherches à l’étranger (barrière de la langue, registres d’état civil non numérisés…).
Nous avons envie d’abandonner, mais je m’aperçois que dans les ébauches d’arbres visibles sur le site de MyHeritage, un nom revient : ne pourrait-il pas nous conduire à ce père inconnu ?
2018 nimmt unsere Recherche eine neue Wendung. Wir lernen den DNA-Test von „MyHeritage“ kennen.
Dieser ist dafür bekannt, aus spielerischen Zwecken durchgeführt zu werden, um einfach seine ethnische Herkunft zu erfahren. Aber warum sollte man das nicht versuchen?
Anfangs 2019 kommt die Überraschung: Wir haben eine interessante DNA-Übereinstimmung (match) von 8,8 % mit einer jungen Dänin, die wir kontaktieren. Sie ist begeistert, weil sie nach unbekannten Mitgliedern ihrer Familie sucht, insbesondere väterlicherseits. Leider hat sie keinen Stammbaum und keine Beziehung zu ihrem Vater mehr. Wir sind wieder in einer Sackgasse, obwohl MyHeritage sie als unsere Großnichte bezeichnet.
Dann haben wir weitere, schwächere Matchs. Wir kontaktieren alle, die um die 2 % liegen, bekommen aber keine Antwort. Nach mehrmaligem Nachhaken interessiert sich ein Deutscher mit nur 1,5% für unsere Suche. Seine ganze Familie durchforstet, das Familienarchiv und erstellt einen Stammbaum.
Eines dieser Familienmitglieder machte seinerseits einen DNA-Test, der 4% ergab und eine Übereinstimmung, als Cousin dritten Grades bestätigte. Man müsste bis zu den Urgroßeltern zurückgehen, um einen gemeinsamen Vorfahren zu finden. Die Familie, die heute in Berlin lebt, stammt aus Schmiedeberg in Schlesien (seit dem Ende des Zweiten Weltkrieges: Kowary in Polen). Dort müsste sich das Familienarchiv befinden, wenn es 1945 nicht zerstört wurde.
Ende 2021 lese ich den Bericht über das Treffen in Lyon der Mitglieder von CSF/HOG. Dabei geht es genau um die Suche mittels DNA-Tests! Wie kann man selbst schwache Ergebnisse nutzen, um seinen Stammbaum zu erstellen und seine Vorfahren anhand von Familiengruppen identifizieren?
2022, melde ich mich beim kanadischen Verein „Carrefour ADN/DNA“ an, die ein seriöses Vorgehen mit theoretischer und praktischer Schulung anbietet. Das bedeutet eine mühselige Arbeit, besonders bei Recherchen im Ausland (Sprachbarrieren, nicht digitalisierte Standesamtsregister…)
Wir wollen schon aufgeben, aber mir fällt auf, dass in den einsehbaren Entwürfen der Stammbäume, auf der Webseite von MyHeritage, ein Name öfter auftaucht : Könnte er uns nicht zu diesem unbekannten Vater führen ?
Et voilà que le père de notre contact danois se manifeste. Dans ses archives, il retrouve un programme de spectacle de 1958 à Hambourg sur lequel il y a la photo d’un artiste allemand qui fera le tour du monde. La ressemblance est frappante avec Henri au même âge…Serait-ce son frère ?
Quelque temps après, en mars 2022, nous pouvons établir le contact au Royaume-Uni avec la veuve de ce grand voyageur. Elle a peu d’informations sur la famille de son mari, mais connaît le nom de ses parents ce qui va permettre de retrouver les ancêtres jusqu’en 1840, grâce aux actes d’état-civil demandés en Pologne.
Puis, le père de la petite nièce au Danemark veut bien faire un test ADN qui donne 12% avec Henri qui serait son oncle. Henri est donc bien le frère de l’artiste et ils ont le même père.
Nous avons demandé aux Archives de Berlin, le dossier militaire détaillé du père d’Henri sur lequel nous découvrons qu’il a été en 1942 dans un régiment en France dans le secteur d’Amiens (proche de Bapaume) avant d’être envoyé en Afrique du Nord, où il a été capturé par les américains en Mai 1943 et envoyé aussitôt comme prisonnier aux USA, en Louisiane, au camp de Ruston. Puis il serait rentré chez lui à Leipzig en 1947, pour refaire sa vie. Il n’a pas été tué à Grévillers en 1944 comme on l’a cru.
A-t-il appris la naissance de son fils en France en mars 1943, puis le décès de la mère de Henri lorsqu’il était en Louisiane ? Nous saurons qu’il décédera en RFA au bord de la mer Baltique à Timmendorfer Strand, en 1970.
Nous aurons le plaisir de recevoir des photos du demi-frère d’Henri, puis un courrier de sa fille qui vit à Munich et qui est heureuse de découvrir qu’elle a un oncle français, ce qui s’est confirmé par le test ADN qu’elle a fait fin 2024 (14%). C’est la demi-sœur du père de la petite nièce. D’autre part, nous aurons aussi identifié les arrière-grands-parents des cousins allemands de Berlin et notre ancêtre commun.
Und siehe da, der Vater unseres dänischen Kontakts meldet sich. In seinem Archiv findet er das Programm einer Aufführung von 1958 in Hamburg, auf dem das Foto eines deutschen Künstlers abgebildet ist, das später um die Welt gehen wird. Die Ähnlichkeit mit Henri im gleichen Alter ist verblüffend… Könnte es sein Bruder sein?
Einige Zeit später, im Mai 2022, können wir in Großbritannien Kontakt mit der Witwe dieses Weltreisenden aufnehmen. Sie hat nur wenige Informationen über die Familie ihres Mannes, kennt aber die Namen seiner Eltern. Dies ermöglicht die Vorfahren bis ins Jahr 1840 zurückverfolgen zu können, dank der in Polen angeforderten Standesamtsurkunden.
Danach ist der Vater der Großnichte in Dänemark bereit, einen DNA-Test zu machen, der mit 12% mit Henri übereinstimmt und der sein Onkel sein könnte. Henri ist also der Bruder des Künstlers und sie haben denselben Vater.
Wir haben das Berliner Archiv um die detaillierte Militärakte von Henris Vater gebeten und entdecken, dass er 1942 in einem Regiment in Frankreich, im Sektor Amiens ( in der Nähe von Bapaume) war. Danach wurde er nach Nordafrika geschickt, wo er im Mai 1943 von den Amerikanern gefangen genommen wurde. Er wurde sofort als Gefangener in die USA, nach Louisiana, in das Lager Ruston gebracht. 1947 ist nach Leipzig zurückgekommen und hat ein neues Leben begonnen. Also wurde er 1944 nicht in Grévillers getötet wie viele glaubten.
Hat er von der Geburt seines Sohnes in Frankreich im März 1943 erfahren und auch vom Tod von Henris Mutter, als er in Louisiana war? Wir erfahren, dass er 1970 in der Deutschen Demokratischen Republik, an der Ostsee in der Gemeinde Timmendorfer Strand gestorben ist.
Wir hatten die Freude, Fotos von Henris Halbbruder zu erhalten und einen Brief von seiner Tochter, die in München lebt. Sie freut sich zu entdecken, dass sie einen. französischen Onkel hat, was durch den DNA-Test, den sie Ende 2024 gemacht hat, bestätigt wurde (14%). Sie ist die Halbschwester des Vaters der Großnichte. Andererseits haben wir auch die Urgroßeltern der deutschen Cousins in Berlin gefunden, die wir als unsere gemeinsamen Vorfahren identifiziert haben.
La recherche se termine fin 2024 ! L’aiguille dans la meule de foin a pu être trouvée !
La famille s’est agrandie, au Danemark, à Munich, au Royaume-Uni et à Berlin.
Cela promet quelques belles rencontres à condition de prendre goût aux voyages à plus de 80 ans !
Ende 2024 ist unsere Suche beendet! Die Nadel im Heuhaufen wurde gefunden!
Die Familie hat sich vergrößert, in Dänemark, München, Großbritannien und Berlin.
Das verspricht uns einige schöne Begegnungen, vorausgesetzt, sie alle kommen mit über 80 Jahren auf den Geschmack des Reisens.